Jeudi 14 octobre 2010 4 14 /10 /Oct /2010 14:36

 

 

“Vous êtes bien jeune, et pour vivre là où vous allez, (une base-vie dans le désert  irakien… ) vous avez intérêt à avoir une vie intérieure très riche ! ».

    Voilà comment je fus reçue à Bagdad, au lendemain de notre  mariage, par un copain belge aux allures de baroudeur .

    Je ne suis pas devenue une aventurière en treillis et chapeau  mou….  J’ai simplement posé mes bagages et observé la lumière un peu crue, mais parfois si douce de la Mésopotamie.  Nous nous sommes assis  au bord de l’Euphrate au coucher du soleil quand le teuf-teuf des pompes à eau troublait seuls le cours lent du fleuve.  Nous avons arrêté le moteur de la voiture et laissé bourdonner le silence à nos oreilles au beau  milieu d’un désert  de roches, d’oueds, et d’ombres mêlées à une clarté si particulière,  où le bruit de nos pas résonnait étrangement  . Nous avons vécu au milieu des grues et de la poussière. Nous avons arpenté des villes de contes : Bagdad, Alep, Damas, Le Caire… bruissantes, odorantes, ocres et parfumées…

    Nous avons eu trois enfants. Nous les avons baladés de déserts en sites antiques…  de palmeraies en plages inédites. J’ai fait et défait nombre de bagages, sacs, valises, cantines.

    J’ai dévoré des livres par centaines,  j’ai écouté Barbara en boucle.  J’ai participé/organisé des dîners, des pique-niques, des après-midi piscine/copines,  des goûters, des bibliothèques improvisées.

    Nous avons échangé de nombreuses lettres avec  nos parents restés à quai.

    Nous avons rencontré ceux qui sont devenus des amis, ceux que nous avons perdus  de vue, ceux dont nous avons oublié le visage, ceux de qui nous restent  seulement un accent, un regard ou une carte-postale…

    Et ma vie intérieure s’est ainsi remplie de la vie des autres et de la mélopée du muezzin ….


                  Ces photos-ci  pour rappeler et le ciel teinté delavande, et l’ocre nouveau des années 2000 au bord du Golfe Persique.

 

 

doha 173k


 



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Jeudi 14 octobre 2010 4 14 /10 /Oct /2010 14:35

 

 

    Entrez dans la moindre petite épicerie du Caire. Ou bien, imaginez que vous y entrez !

    Une odeur fruitée, suave, délicatement acidulée viendra à tous les coups inonder votre cerveau par l’intermédiaire de vos narines.
    Il peut bien y avoir là quelque oignon déjà  pourri, quelque pomme-de-terre un peu transie, quelque feuilles de salades ou  d’épinard flétries. Gisent sur le sol des fanes, des débris, une vieille écorce d’orange, une peau de banane meurtrie.

    D’ailleurs, vous venez de la rue. Cette ville, comme ses voisines d’Orient, qui ne sont pas réputées pour fleurer  la rose, pas même Damas, a ses trottoirs, son absence de caniveaux, ses échoppes, ses marchés. 

    Pourtant, plus encore que le jasmin vendu en colliers à chaque coin de rue, plus que les rives vaseuses du Nil, plus que les effluves  heurtées des souks gigantesques, vous restera, imprimée pour toujours dans les  narines, l’odeur sucrée, légèrement impertinente, presqu’affriolante, de la boutique des  4 saisons.

    Si vous avez la chance d’habiter  une région où persiste le lantana, si vous le croisez dans une ville abritée,  nul besoin de franchir les mers : froissez entre vos doigts une de ses feuilles rugueuses , mettez votre nez dans ces myriades orangées  sans déranger les papillons. ..  Fermez les yeux : dehors la poussière et le bruit de la Ville, dans vos papilles le goût d’un humble fruit , et sous vos paupières un étal coloré, une palmeraie, un fleuve… vous êtes au Caire !

 

  lantana-blog.jpg



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Jeudi 14 octobre 2010 4 14 /10 /Oct /2010 11:10

   

 

    Il est à la fois ma ressource et mon tyran. Depuis juillet 2002, il occupe la moitié de mon temps et de mes pensées. C’est un jardin méditerranéen, au versant d’une colline singulière, non loin de la "grande bleue"

     Censé être peu exigeant en eau, il sait m’apitoyer aux périodes les plus arides. Mais à peine quelque pluie printanière, à peine quelque averse automnale, le voilà qui se couvre d’adventices, d’indues, de malvenues. J’aime le voir verdir, fleurir  et prospérer. Il aime m’envoyer vingt fois l’an à la déchetterie, chargée de lianes et de branches, de palmes et de feuilles.

     J'y plante un romarin rampant et suis récompensée d'une touffe impénétrable qui couvre les deux-tiers du massif. J'y installe des couvre-sol qui deviennent envahissants, jusqu'à étouffer leurs voisines, d'autres qui ne couvrent qu'une parcelle ridicule au prix de soins et d'un désherbage intensifs... Les grimpantes ont tendance à jouer ces mêmes scénarios, plus volubiles encore. 

     J'y ai mille plantes chouchoutes, mille boutures, quelques arbres fruitiers nécessiteux pour cause de voisinage avec un pin parasol un tantinet piqu'assiette - mais si beau vu de mon canapé ! J'y cache des pots de toutes tailles destinés à trouver place un jour, pourvu que leurs hôtes aient prospéré dignement. J'y abrite de pauvres orphelines que je n'ai pas le coeur d'abandonner. J'y mène des expériences un peu osées d'un point de vue climatique. J'y bois mon thé tous les matins en soupirant d'aise... ou de lassitude.

     Comme ce blog, mon jardin a la particularité de voir la vie en bleu et blanc...

     Vous allez petit à petit faire notre connaissance..

 

   jardin 10

 

 


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